vendredi 9 février 2018

El norte del Perù, de Cajamarca à Mancora


Ça ne va pas être possible avec l'état du réseau ici. Ça coupe sans arrêt et la vitesse est ... ce qui se rapproche le plus de l'immobilité! !

Je vais donc me contenter de préparer ce texte. Pour l'envoi avec quelques photos, je verrai plus tard, quand les dieux du web m'enverront des auspices favorables!

Je vous ai laissé au moment de quitter Trujillo.

De là, j'ai rallié Cajamarca dans la cordillère. Cajamarca est un lieu symbolique pour les péruviens. C'est ici qu'à eu lieu la rencontre, en fait surtout l'affrontement, des deux mondes.

D'un côté l'Inca Atahulpa, en passe de gagner son combat pour le trône du soleil sur son demi frère Huascar, emprisonné à Cusco. De l'autre Pizarre qui rencontre à Cajamarca la première grande cité depuis son entrée sur l'empire Inca.

Les forces en présence : 30000 soldats pour l'Inca qui campent tout autour de la ville. Pour Pizarre, 183 guerriers, 27 chevaux et ... des canons!

Pizarre, qui connaît les dissensions au sein de l'empire (et oui, il a ses collabos!), s'est installé dans la ville et attire l'Inca dans un guet-apens. L'Inca accepte une rencontre. Avec ses armes à feu et ses chevaux, c'est une débandade. Atahulpa est capturé et quelques milliers de ses guerriers sont tués.

L'Inca est otage. Il propose, pour sa rançon, de remplir sa cellule d'or et d'argent, dans la proportion de 1 pour 2. Pizarre accepte. Les objets en or et en argent affluent de tout l'empire. Ce seraient 5 tonnes d'objets d'or et 12 d'argent qui auraient été collectés ...et fondus.

Et Atahulpa lui, n'est pas libéré. Il est jugé et condamné à mort et garrotté le 28 août 1533.

L'empire inca qui, lui aussi, durant le siècle et demi de son hégémonie, avait mis fin à pas mal de civilisations, en particulier sur la côte, connaîtra encore quelques soubresauts, mais la main-mise des espagnols ne se relâchera plus.

De ce passé tourmenté, il ne reste que la prison et le lieu où aurait été réunie la rançon, el cuarto del rescate. Il reste aussi une belle ville coloniale et des couvents, églises et cathédrale.

Aux alentours, la Cumbe Mayo, formations rocheuses dans la montagne avec, taillés dans la roche, un bel exemple de l'inventivité des anciens cajamarquiens en matière d'irrigation, des canaux sur des kilomètres à pente constante.

Autre curiosité, les ventanillas de Otuzco. Là, il s'agit d'une nécropole précolombienne de la période Cajamarca soit 600 à 1200 apr.J-C. Des cavités creusées dans la falaise, autrefois fermées de pierres plates et qui servaient pour le second enterrement, des ossements et des poteries en offrande, après un premier enterrement 10 à 15 ans auparavant.

Un saut d'une nuit et, arrivée à Chiclayo. Là, on est à nouveau sur la côte désertique, sauf là ou l'irrigation grâce à l'eau qui descend de la cordillère permet la culture intensive, entre autre de canne à sucre..

Ici aussi, ce sont les civilisations passées qui tiennent le haut du pavé avec en particulier la huaca Jajada où a été découverte la tombe du señor de Sipán. Aujourd'hui, c'est une quizaine de tombes qui ont découvertes sur le site ces dernières années, mais déjà, la découverte majeure en 87 du señor (le Toutankhamon des Amériques) et du grand prêtre avait donné lieu à la création d'un musée que le seul matériel trouvé dans ces deux tombes suffisait à remplir : sceptres couronnes, disques d'oreilles, najigueras, colliers etc etc..

Un petit tour à la plage de Pimentel pour se remettre de tout ça, et en route pour Mancora.
Ici, c'est paillotes, palmiers et bord de mer. L'eau est chaude, le courant froid de Humbolt n'est plus collé à la côte. Un peu détente avant l'Equateur.

A bientôt ...

Huaca del Brujo, sépulture de la dama de Cao


La dame de Cao
 (reconstruction en 3D à partir du crane et des typologies de faciès de la région) 

Chien sans poil péruvien



Cajamarca



Cumbe Mayo





Canaux d'irrigation taillés dans le rocher



Ventanillas de Otuzco


La plaza de armas de Cajamarca
Depuis le cerro Santa Apollina où étaient les canons de Pizarre

El cuarto del rescate


Le trône de l'Inca

La tombe del señor de Sipán dans la huaca de Jajada


Les pyramides de Jajada Sipán

Chiclayo

Les brujos (herboristes et autres) au Mercado Modelo de Chiclayo


Musée de las tombas réales de Sipán

Pimentel, el muelle




Le désert avant Piura

Mancora

jeudi 1 février 2018

De Huaraz à Trujillo ...

Dans mon premier message, j'étais encore à Lima.
Aujourd'hui, c'est à Trujillo que j'écris celui-ci et entre temps j'ai passé quelques jours à Huaraz.

Huaraz est entre deux cordillières parallèles au nord de Lima, la blanche et la noire, tout simplement parce que l'une est plus haute que l'autre  et a tous ses sommets enneigés.

Depuis Huaraz, j'ai été visiter Chavin de Huantar, un grand centre religieux où s'est épanouie la culture Chavin, la plus ancienne du continent, de 1200 à 300 avant J.C, soit 2000 ans avant les Incas! Un ensemble de cours et de structures pyramidales avec, dans le saint des saints, un labyrinthe et la représentation de la divinité: un lançon, monolithe de 5 m polymorphe, serpent pour l'infra monde, jaguar pour la terre et aigle pour les cieux.

Le lendemain, une autre excursion au Pastoruri. C'est un sommet de 5240m couronné d'un glacier. Pas de difficulté dans l'approche, mais à plus de 5000m, c'est quand même particulier!
Dans la montée, on rencontre une curiosité: les Puyas Raimondi. Une plante extraordinaire, quasi préhistorique, endémique de cette partie du Pérou. C'est une énorme boule qui ressemble un peu à un cactus et qui fait une unique floraison avant de mourir. Mais c'est une énorme floraison de 8000 fleurs sur une hampe de 7 ou 8 mètres de haut.

De là, bus sur la panaméricaine dans un paysage des plus désertique jusqu'à Trujillo. 
Ici, sur cette côte nord il ne pleut jamais sauf lors du phénomène d'El Nino qui, en quelques jours fait des dégâts considérables. Ça arrive environ tous les 18, 20 ans et le dernier date de l'année dernière. C'est encore bien visible sur les routes dans le désert!

Trujillo a été fondée par les espagnols juste à coté de la capitale des Chimu: Chan Chan. Chan Chan, c'est toute une série d'enceintes palatiales bâties en adobe. Il y en a 10, mais la seule qui se visite fait 14 hectares. En fait, chaque souverain Chimu a eu la sienne jusqu'à ce que les Incas viennent dominer tout ce petit monde, avant de se faire eux aussi anéantir par les espagnols avec à leur tête Pizarre, originaire de ... Trujillo en Estrémadure!
Le site est impressionnant, mais il n'est pas la seule curiosité du coin. 
En fait, les Chimus ont succédés aux Moche ou Mochica, sans combat, mais par une lente assimilation.
Et les Mochica ont laissé un bon nombre de huacas, lieu de culte et cérémoniels qui émaillent les alentours de Trujillo, sans compter ceux qui ont disparus corps et biens dans l'extension de la ville.
J'ai pu visiter la huaca Arco Iris, ainsi nommée par les décorations d'arcs-en-ciel modelées sur ses parois, la huaca Esmeralda, là aussi nommée ainsi parce que des statues en bois y ont été trouvées incrustées d'émeraudes. Et enfin, et un peu le clou des visites, la pyramide de la huca del Sol et celle de la huaca de la Luna.
Ce sont deux énormes structures en briques d'adobe. Seule la pyramide de la Luna se visite. En fait, c'est une superposition de 4 pyramides à la façon des poupées gigognes. L'originalité, c'est les décorations extraordinaires en relief des parois. C'est toujours les motifs de la cosmogonie des Mochicas: serpents, félins, hiboux dans la même figure peints de couleurs qui ont magnifiquement traversées les siècles.

C'est même un peu troublant de trouver des réalisations si ressemblantes entre des civilisations qui ne se sont jamais côtoyées: les pyramides gigognes que l'on retrouve au Mexique, les rampes d'accès décorées de personnages en bas-relief qui ressemblent à Persépolis et il doit y en avoir d'autres!

J'ai encore un ou deux sites à visiter à Trujillo et ensuite, ce sera Cajamarca.

A bientôt




Près du marché, à Huaraz

La spécialité locale: le cochon d'inde, le cuy


Le rémouleur
La cordillère blanche



La laguna Quérococha à 4000 m

Chavin de Huantar



Le labyrinthe autour du lançon




Puyas Raimondi



Le Pastoruri 5240m


Le Huscaran, 6768m, plus haut sommet du Pérou

Le désert avant Trujillo

La cathédrale de Trujillo, encore bardée de banderoles pour la venue du pape François

Chien nu du Pérou

Chan Chan



Huanchaco, los caballitos de totora


Huaca del Sol

Huaca de la Luna




vendredi 26 janvier 2018

Premiers pas au Pérou!

Cà y est!

Je suis arrivé avant-hier soir au Pérou, à Lima. 

Pour l'instant, j'essaie de me remettre des 6 heures de décalage horaire, mais pour l'instant, ce n'est pas tout à fait au point. Ce matin encore je me suis réveillé à 3 heures sans arriver à me rendormir! Du coup, j'en profite pour écrire ce mot en attendant que les choses bougent dans la maison.

Je loge à l'hôtel Espana dans une chambre qui donne sur la terrasse et le couvent San Francisco de Asis en plein centre historique. C'est un genre de palais musée, un peu décati, mais vraiment plein de charme. Vous verrez ça sur les photos.

Hier, grand tour dans le centre pour prendre l'ambiance et l'après-midi, visite du musée Larco. Le bus à mis une bonne heure pour m'y amener! Les embouteillages à Lima , c'est quelque chose!
Le musée est installé dans une maison coloniale du XVIIIéme siècle et a été fondé par l'archéologue Raphael Larco qui a été semble-t-il le promoteur des cultures pré-hispaniques, un peu effacées par le rayonnement de l'empire inca découvert par les espagnols. Les collections, en particulier de céramiques sont impressionnantes et les réserves, qui se visitent, plus encore! Un très très beau musée.

Aujourd'hui, encore quelques visites au programme et demain, je quitte Lima pour Huaraz au nord avant de rejoindre la cote.

A bientôt

A l'hôtel Espana

Depuis ma chambre!









Musée Larco


La cathédrale

Le palais présidentiel 

La relève de la garde



Immeuble style Art Déco (pour changer du style colonial)