lundi 25 février 2019

Au cœur du pays de Koush...

Nous voici donc à Karima après un trajet en minibus. En fait, les minibus sont des vans, décorés comme des corbillards de premières classe: des rideaux bien opaques, bien sûr, mais aussi une somptueuse décoration du plafond avec broderies, pampilles de strass qui s’agitent, passementeries etc ...

Nous avons coupé à travers une large boucle du Nil et traversé le désert de la Bayuda. 
Comme la plupart des villes et villages ici, Karima est très étendue le long du Nil, et donc des cultures, avec deux pôles, le souk et la place centrale, station de bus, café en plein air et toute une série de gargotes et beaucoup d’animation, aussi bien en journée que le soir!

Ici, autour de Karima, c’était un peu le centre politico-religieux de la Nubie du royaume de Koush au temps dés pharaons noirs, la XXV ème dynastie.

Un des sites les plus intéressants est le Djebel Berkal à quelques km de Karima. Un gros éperon rocheux qui surveille la rive du Nil comme un cobra dressé. L’uraeus de la couronne des pharaons. A son pied, quelques vestiges de temple qui ne prennent tout leur relief que vus du sommet et du sommet une vue extraordinaire sur toute la vallée. 
Et au pied du Djebel une nécropole royale assez tardive, datant du moment où ce site perd du rayonnement au profit de Méroé , mais avec des pyramides, certes méroïtiques ... mais intactes!

Autre site prestigieux dans les environs de Karima (ou Napata si on parle du royaume de Koush) Nuri. C’est la nécropole des rois napatéens et au milieu de la vingtaine de pyramides, celle du plus célèbre des rois de le XXV ème dynastie, Taharqa.

Toujours dans les environs, El-Kurru. Ici, c’est encore un bond dans le temps puisque la nécropole date de bien avant l’arrivée des pharaons noirs, mais, pour compliquer le tout, elle a aussi été utilisée après Taharqa. Ce sont des sépultures type mastaba ou l’on descend par un grand escalier jusqu’à la tombe du souverain. Deux sont encore quasi-intactes. Pour les autres, c’est plutôt à ciel ouvert, mais avec les tombes plus ou moins murées au fond des escaliers, il y a de quoi faire travailler l’imagination!


A bientôt 


Du haut du Djebel Barkal









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Et

Royaume de Méroé et royaume de Koush ...

De Méroé au royaume de Koush

Trouver une liaison Wifi semble très très délicat au royaume de Kerma où nous sommes à présent. Histoire de conjurer le sort, je vais déjà écrire le message. Pour le poster, on verra plus tard!

Dans mon dernier message, je vous ai laissé au départ de Port Soudan.

L’étape suivante a été Atbara où l’on retrouve le Nil. 
A partir d’ici, on rentre dans la partie historique du Soudan, encore que, en ce qui nous concerne, nous prenons l’histoire à rebrousse-poil ! 

Le site à portée d’Atbara est Méroé, capitale du royaume de même nom. Ici, c’est quasiment le dernier grand royaume de Nubie, en gros du VIème siècle av JC jusqu’au IVème ap JC soit après la fin de l’Egypte antique.
La grande caractéristique de ce royaume est l’influence égyptienne, surtout dans ses rites funéraires. Parmi les ruines les plus marquantes, la nécropole des rois ... et reines de Méroé (les Candaces) tient la palme, avec leurs pyramides très très aiguës, plantées en plein désert au milieu des dunes et des rochers! Les salles funéraires sont décorées de fresques de tout le panthéon égyptien avec des chapelles funéraires à l’imitation des pylônes de temple.
A leur « découverte » au XIXème siècle par un français, elles étaient encore intactes, mais quelques années plus tard, un chercheur de trésor italien en a étêté bon nombre à l’explosif!!
Rien alentour, si ce n’est un hôtel camping que des italiens (ils ne sont pas rancuniers les soudanais!), ont installé à quelques 4 km. Calme assuré sous la tente, mais quand même 190€ la nuitée. Peut-être bon pour les tours-opérateurs italiens, mais sans doute pas pour nous!

Du coup, retour au bord de la route ou un routier soudanais nous charge dans les trois minutes pour le retour à Atbara. Sympa, parce qu’ici, le soleil tape fort!

Ce soir, retour au même hôtel et comme au bout de deux jours, les habitudes sont prises, repas foul et poulet au grill dans LA « gargote » d’Atbara! 
Demain, départ pour Karima.

A bientôt...









jeudi 14 février 2019

Frontières de l’Ethiopie, de l’Érythrée et bord de la mer Rouge...

Dans mon dernier message, nous partions de Khartoum. Comme aujourd’hui, il y a du wifi (rien de féroce mais c’est mieux que rien ! Et qu’en plus nous sommes un jour de plus à Port-Soudan) j’en profite.

De Khartoum, nous sommes allés en 6 bonnes heures à Gedaref, à une trentaine de km de la frontière éthiopienne. Nous sommes dans un bus surréaliste : des rideaux pour pouvoir tout fermer hermétiquement, dès cantonnières, des rubans, des drapés de voilage à pompons. Un vrai salon pour odalisques!
Par les interstices, on arrive quand même à entrevoir le paysage. Ici, tout est grillé. Ce n’est pas le désert absolu mais bien sec quand même.
A l’arrivee A Gedaref, nous nous posons à l’hotel Amir ... très très typique! Lit de corde, murs écaillés, WC et douche, enfin, tuyau qui coule. L’ensemble a peut-être eu un certain cachet, un jour...
Bon l’hébergement n’est pas terrible, mais par contre, le souk de Gedaref vaut le détour, impressionnant de taille et d’achalandage.

De Gedaref, direction Kassala, un autre ville frontière, mais, là, avec l’Erythrée.
Ici , logement de niveau top et ici aussi un souk gigantesque qui occupe quasi toute le centre. Souk de tout: des légumes aux pneus en passant par la ferblanterie , la sellerie, la minoterie etc, etc...
Mais surtout Kassala est dans un environnement extraordinaire, adossée aux monts Taka, une série de  rochers pains de sucre, quasiment des monolithes au milieu de chaos!
Vous mettez les ruines d’une mosquée XVIII éme et tout ça à tout de suite une allure folle.

Une étape de plus et nous voici à Port-Soudan. La ville semble à vrai dire aussi vieille que les autres et pourtant, la fondation en revient aux anglais en 1905.

C’est le grand et quasi le seul port soudanais sur la mer rouge.
A vrai dire, il y a ici quand même un petit air plus moderne. Un bord de bras de mer: la corniche, assez animé le soir, face au port et au déchargement des cargos. C’est aussi l’arrivée du pipeline qui vient de ce qui est maintenant est un autre pays: le Soudan du Sud. Et quand on voit les files de véhicule aux pompes, ça n’a pas l’air simple pour les soudanais!

Depuis Port-Soudan, une excursion à Suakin. Là, on parle de l’ancien port avant la création de Port-Soudan par les anglais.
Suakin était le port d’embarquement de toute cette partie de l’Afrique pour la Mecque, de l’autre côté de la Mer Rouge. Et surtout, de triste mémoire, c’était le port et le marché négrier pour l’est de l’Afrique.
Après la création du nouveau port 60 km plus au nord, la ville a peu à peu été vidée de sa substance et a été quasiment abandonnée. Pire, construite en corail, un siècle d’abandon a suffit à transformer l’ensemble de la ville (l’île et la partie continentale, non pas vraiment en ruine, mais en tas de sable.

Aujourd’hui, nous devions aller a Atbara, mais comme le bus était à 6 heures, nous nous sommes un peu plantés ... et c’est remis à demain!!

Comme vous avez du vous en rendre compte, les photos sont pour le moins mélangées et en plus je n’arrive plus à mettre des légendes. J’espère que vous considérerez ce visionnage comme un challenge!!

A bientôt ...